Mobilisation générale autour de Roman Polanski
Tandis qu'une affaire de moeurs remontant à 1978 a rattrapé le réalisateur franco-polonais, qui vient de passer sa deuxième nuit en détention en Suisse, la communauté artistique se mobilise pour demander sa libération.
La mobilisation vient d'abord du Festival du film de Zurich, où Roman Polanski devait recevoir un prix pour l'ensemble de son oeuvre. Les organisateurs ont apporté dimanche soir leur soutien sans équivoque au cinéaste, lequel a été arrêté samedi à son arrivée en Suisse. Ensuite, et surtout, des réalisateurs et artistes du monde entier ont dénoncé dans une pétition "le traquenard policier" que constitue selon eux son interpellation. Parmi ces personnalités figurent Costa-Gavras, Wong Kar-Wai ou encore Monica Bellucci. Ils exigent sa "remise en liberté immédiate". La femme de Roman Polanski, Emmanuelle Seigner, et son avocat ont quant à eux rejoint Zurich.
"Si le monde de la culture ne soutenait pas Roman Polanski, ça voudrait dire qu'il n'y a pas de culture dans notre pays", a estimé le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand qui parle d'une "chose épouvantable et totalement injuste". Il a assuré que Nicolas Sarkozy suivait le dossier personnellement.
Le réalisateur franco-polonais Roman Polanski a été interpellé samedi soir à son arrivée en Suisse, à la demande des Etats-Unis. Une arrestation qui découle de la procédure ouverte par la justice américaine il y a plus de 30 ans. Le cinéaste, aujourd'hui âgé de 76 ans, avait alors été accusé d'avoir eu une relation sexuelle avec une mineure de 13 ans à Los Angeles. Il a été placé en détention provisoire en attente d'une extradition éventuelle vers les Etats-Unis.
De fait, le cinéaste avait fui les Etats-Unis en 1978, où il n'est jamais retourné, alors qu'il était sur le point d'être condamné après un mois et demi de prison. Il avait au départ fait l'objet de six chefs d'inculpation, et notamment de viol, pour avoir eu une relation sexuelle avec Samantha Geimer, après lui avoir fait consommer du champagne et de la drogue. Il avait rejeté l'accusation de viol mais avait plaidé coupable de "relations sexuelles avec une mineure", ce qui est passible de 20 ans de prison. Roman Polanski avait soutenu que l'adolescente n'en était pas à sa première expérience sexuelle et qu'elle était consentante.
Samantha Geimer, aujourd'hui quadragénaire et mère de trois enfants, s'est prononcée pour la clémence. (Source Europe1)











