Elu le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy entamera le 7 novembre la seconde partie de son mandat avec de lourds handicaps.
Le chômage flirte avec les 10% et devrait encore s'aggraver dans les mois qui viennent, la croissance, qu'il avait promis d'"aller chercher avec les dents", est en berne, la dette publique ne cesse de gonfler, les déficits atteignent des records et même la sécurité, domaine dans lequel l'ancien ministre de l'Intérieur se targuait d'exceller, connaît des loupés.
Après quelques mois d'euphorie dans les sondages, au tout début de mandat, le président n'a pas depuis réussi à remonter la pente. Sa cote de popularité est demeurée obstinément en dessous des 50%, malgré une présidence européenne, au second semestre 2008, jugée "positive", même par ses opposants, et un changement de style évident.
Au "bling bling" des premiers mois a succédé une certaine sobriété, surtout après son remariage, avec Carla Bruni, en février 2008. Ce qui n'a pas empêché quelques dérapages, comme le "casse-toi, pauvre con" lancé à un passant qui l'avait insulté au Salon de l'Agriculture.
Selon de récents sondages, une majorité de Français (de 50 à 58%) dresse un bilan "négatif" de son action depuis son élection. Ses adversaires, irrités par sa politique d'"ouverture", dénoncent sa pratique "trop personnelle" du pouvoir, ses "échecs", voire son "népotisme", comme ce fut le cas lors de la polémique suscitée par la candidature de son fils cadet, Jean Sarkozy, à la présidence de La Défense.
Des réformes ont pourtant été menées: institutions, régimes spéciaux, peines planchers pour les récidivistes, fusion ANPE-Assedic, autonomie des universités, création d'un grand ministère de l'environnement, revenu de solidarité active.... Selon l'Elysée, "les 90 réformes majeures promises par le candidat ont été mises en oeuvre par le président", et Nicolas Sarkozy est demeuré ainsi "fidèle à ses principaux engagements devant les Français". Face à la crise, il s'est également lancé dans une difficile "moralisation du capitalisme financier", lente à se réaliser.
Certaines réformes - même allégées comme celles du service minimum dans les transports publics - ont provoqué grèves et manifestations mais dans l'ensemble, "le front social est apaisé malgré une crise économique sans précédent", faisait dernièrement valoir Nicolas Sarkozy.
Restent de gros points noirs: "le plan Marshall" promis pour les banlieues est en panne, le chômage des jeunes et des seniors demeure l'un des plus importants d'Europe. Sur la scène internationale, le chef de l'Etat a déployé des efforts qui, selon l'Elysée, ont "permis de rendre la France plus présente et plus influente sur la scène internationale", avec un bémol toutefois: une défense des Droits de l'Homme chancelante. Outre la réintégration complète de la France dans l'Otan, Nicolas Sarkozy a également été à l'origine des sommets format G20 censés juguler la crise, ainsi que du traité de Lisbonne, qui devrait finalement être mis en oeuvre avant la fin 2009 pour améliorer le fonctionnement de l'Union européenne. (Source AFP)
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